Gaby et arnaud

De la fraîcheur, c’est ce que dégagent Arnaud et Gaby, exactement ce qu’il nous faut avec la chaleur de l’été. Toujours souriants, et pas seulement sur les photos. Bien sûr qu’ils n’exposent pas toute leur vie sur les réseaux sociaux, mais on sent bien qu’ils ne sont pas dans un rôle de composition, marketé pour les publications. L’atmosphère n’est pas vraiment rock n’ roll, mais à l’image du tatouage en 2021, un univers plus ouvert qui touche toutes les franges de la population.

Texte : Philippe Dynamo Photos : Gaëlle Pons – Nicolas Roxane

Article offert et publié dans le Tatouage Magazine 136

On pourrait penser qu’Arnaud et Gaby collectionnent les tatouages comme certains t-shirts, les gadgets ou les chaussures, mais il n’en est rien : les deux amoureux aiment vraiment l’encre. Présente sur Instagram depuis 2016, Gaby Owl partage sa vie professionnelle entre sa présence sur Internet et un autre boulot à côté. Ce qui l’a amené sur Instagram, le réseau social centré sur l’image, c’est sa passion pour la photo, dans laquelle elle baigne depuis toute petite. Pas étonnant avec un daron dont c’est le métier (il est aussi prof à l’école des Gobelins) avec qui elle travaille depuis quelques années.

Mais c’est bien la création de contenus en ligne qui l’occupe la majeure partie de son temps. Elle se souvient avoir toujours aimé le tatouage qu’elle découvre en accompagnant sa mère se faire tatouer par Alex alors chez Tin-Tin à Pigalle : « J’ai eu le sentiment de rentrer dans un univers à part, comme un autre pays. En France, il y a toujours eu beaucoup de jugement. Là bas, j’ai eu l’impression que tous les styles étaient respectés ! Peu importe la modification corporelle ou les envies de chacun. Couleur de cheveux, piercings, tatouage, pour une fois, on ne me regardait pas de travers ! Je me suis projetée dans cet univers si particulier et je m’y suis sentie bien, comme à la maison. »

Texte : Philippe Dynamo Photos : Gaëlle Pons – Nicolas Roxane

Un mal pour un bien

Ses parents refusent qu’elle passe à l’acte jusqu’à sa majorité : « Je suis retourné chez Tin-Tin à 18 ans et un jour, Bruno Kéa m’a tatoué une chouette sur le bras droit, un symbole familial que je partage avec ma grand-mère, il y en a partout dans sa maison. » Peu de temps après, elle file voir Twix, boss du Fatline Tattoo Club, et Jacky à Bordeaux qui lui piquent un cornet avec un cerveau de zombie — un univers quelle adore depuis très longtemps — à la place de la boule de glace. Pour Gaby comme pour beaucoup d’autres jeunes femmes, le tatouage lui permet de mieux s’approprier son corps : « Au début, c’était une manière de me décomplexer, d’exorciser des choses et de prendre confiance, plus efficace que n’importe quelle séance de psy ! »

Même si c’est douloureux, elle avoue souffrir en silence, rester stoïque en attendant que ça passe. Se faire tatouer lui fait du bien. Pas étonnant qu’elle y prenne goût et multiplie les séances. Elle en filme même certaines qu’elle diffuse en direct sur Instagram, suivies par une partie de ses fans : « Il y en a même qui ont pris des rendez-vous pour se faire tatouer par les mêmes artistes ! » Une petite pièce dans le dos par Cyril de Kahuna à Cannes, avant de profiter de la venue de KV de Marseille à la convention de Bruxelles pour revenir de Belgique avec une nouvelle pièce old school sur la cuisse rappelant les États-Unis, une destination qu’elle affectionne particulièrement et où elle s’est rendue plusieurs fois en famille. KV en rajoutera deux autres par la suite.

L’internationale

Avec les États-Unis, le Japon et sa diversité culturelle sont aussi des univers qui passionnent particulièrement Gaby. Elle ne verse pas l’Irezumi, mais a choisi de se faire piquer une princesse Mononoke sur le mollet ainsi qu’un chat Ghibli sur la cuisse, une pièce réalisée il y a peu par Marie Souillon de l’Atelier Ray Tattoo à St-Malo. Gaby a d’autres pièces et des envies de Maneki-neko et d’Omamori, en rapport avec la chance, une façon peut-être de l’avoir toujours avec elle, comme pour éloigner le souvenir d’une jeunesse un peu compliquée. Il y a notamment ce petit chat noir « pour tenter de conjurer le sort, ça me booste lorsque je réussis », cette fiole magique tirée d’Harry Potter ou le cycle de la lune, des cristaux et d’autres pièces en rapport avec la sorcellerie, mixées avec la douceur de fleurs.

Elle vient d’ailleurs d’ajouter trois nouvelles pièces sur son bras gauche, toujours avec Marie de St-Malo. La famille et les amis sont aussi des valeurs qui comptent aux yeux de Gaby, qui a un ananas, une passion de sa sœur ou un palmier partagé avec sa mère au même endroit. Et la photo ? « J’ai toujours voulu un tatouage en rapport avec ma passion principale, mais pas encore d’idée, explique-t-elle. J’attends, je ne voudrais pas le louper. » En attendant, Gaby a plusieurs projets. Elle qui adore voyager et en profite toujours pour ramener un souvenir encré, revoit un peu ses plans avec la crise sanitaire : « J’ai déjà commencé ma recherche de tatoueurs talentueux, je voyage pour les tattoos, rien ne m’arrête ! »

Pas en reste

Rien n’arrête Arnaud non plus ! S’il partage avec son amoureuse et un autre de ses meilleurs potes une dague encrée par 1 800 Amour lors d’un voyage à Amsterdam, le barbu a surtout sa famille dans la peau. Il commence à 20 ans par une phrase en italien sur les côtes, en lien avec ses origines, un geste que n’a pas apprécié son daron, pourtant biker : « Il dit que c’est parce que je ne lui en ai pas parlé avant ! » s’amuse-t-il aujourd’hui. Il y a peut-être aussi un peu de jalousie, lui n’étant pas tatoué, à la différence de tous ses potes à moto.

Par la suite, Arnaud rend encore hommage à sa famille, avec une rose des vents sur le coude et des initiales à chaque point cardinaux, une pièce pour sa grand-mère, et d’autres pour son petit frère, son meilleur pote, avec un personnage de « One Piece », son manga préféré. Pour continuer avec le côté aventurier, Arnaud a aussi des pièces en rapport avec la piraterie, comme « un mot de passe dont lui seul et la tatoueuse qui l’a fait connaissent la signification. » Le monde des pirates, une façon de penser à son père, « qui suit ses propres règles. » À l’abordage !

Instagram : @gabyowl

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